La clôture, expression d’une manière d’habiter ?

Simple ligne sur l’extrait du cadastre figurant les limites de la propriété foncière, elle devient construction par sa matérialisation sur le terrain. Sa fonction première est d’affirmer un droit de propriété, et, par voie de conséquence, d’en filtrer les accès.

 

Sa matérialisation exprime toutefois d’avantage qu’un droit d’usage et d’accès. Ses dimensions, son degré d’opacité, les matériaux avec lesquels elle est constituée racontent une histoire à deux faces. L’une de ces faces dit une histoire d’habiter, comme le récit d’une façon d’être ici chez soi. L’autre face, dit à celui qui vient comment il est accueilli.

 

Penser au sens que porte une clôture, c’est déjà un projet.

 

Si la clôture, par son degré d’ouverture, donne à voir ce qui se passe de l’autre côté, elle crée un lien de connivence avec celui qui vient. L’accueil s’exprime avant même d’avoir ouvert la porte.

Si la clôture est opaque, elle oblige celui qui vient à motiver le dérangement.

 

En donnant à voir, à travers elle,un potager, une cour, de petits lieux affectés à différents usages du quotidien, une vie est donnée en partage. La vie d’un habiter rythmée par les moments qui composent la journée, les saisons, l’année. Toutes choses que tout un chacun a en conscience.

 

Opaque et fermée, elle affirme une protection. Pour autant, elle peut, même fermée et aveugle, être aimable. Un vieux mur, même haut, porteur des traces des ans, partage avec celui qui vient, l’idée du temps qui nous accompagne. Un mur laissant venir à lui les bras du lierre ou de la vigne, ou autorisant l’éclosion d’une fleur dans ses interstices dit une vie qui se déroule là.L’histoire qui s’énonce ainsi est comme une ouverture à l’étranger qui passe.

 

Les matériaux de la clôture, leur mise en œuvre, les perspectives offertes ou soustraites, les vues autorisées ou occultées participent au partage d’une manière d’habiter une rue, un voisinage, un quartier. Quel partage vais-je exprimer ?

 

Se poser les bonnes questions avec le Conseil d’Architecture, d’Urbanisme et de l’Environnement du Haut-Rhin c’est déjà apporter des réponses.