Ma fenêtre donne sur une pelouse propre,

Ma fenêtre donne sur un parc luxuriant,

Ma fenêtre donne sur une rue bruyante,

Ma fenêtre donne sur le ciel infini,

Ma fenêtre donne sur un petit bout de ciel, et seulement si je me penche,

Ma fenêtre donne sur un parking minéral,

Ma fenêtre donne sur un paysage de vignes ou de champs,

Ma fenêtre donne sur des cimes lointaines et un sentier qui pourrait y mener,

Ma fenêtre donne un mur au crépis pelé,

Ma fenêtre donne un jardin encombré de gros buissons en fleurs,

Ma fenêtre donne un alignement d’arbres qui font de l’ombre aux voitures garées anarchiquement dessous,

Ma fenêtre donne sur trois gros aérateurs posés sur la toiture brute d’un supermarché,

Ma fenêtre donne sur une terrasse en bois et son alignement de plantes en pots,

C’est de la lumière,

C’est de l’infini,

C’est de la chaleur,

Ce sont des bruits, des cris, des sons,

C’est du motif et du rythme,

C’est de la nature,

C’est de l’espoir,

C’est du rêve,

C’est à chaque fois le déclenchement de l’imaginaire,

C’est le bout de dehors dont a besoin le dedans.

 

 

Dessin : Etienne Meyer

Texte : Catherine Walter